Certes nous changeons. Et souvent pour le mieux. Le Nico coincé d'autrefois, celui qui devenait de la couleur de son slip quand il était approché par le sexe opposé, n'était pas un compagnon de vie très confortable. Cependant j'aime à penser que le Nico naïf, celui qui partait en transe à l'écoute de "I will" après que ses amis aient abusé de sa confiance, ce Nico là n'est jamais très loin.
Mais n'oublions pas que nous sommes, en grande partie au moins, les orchestres de ces changement. Ainsi on ne devient pas fan des Blérots de ravel par hasard. Il est de bon ton d'en vouloir a la société, au nazisme ou au nabot mais au final nous somme tous les deux dans un environnement qui nous autorise le choix.
Mais que faire de ce choix ? Car nous voila arrivé également à la fin de nos études, ce qui semble être une pierre angulaire de nos vie. LE carrefour, THE étape, LE choix à ne pas manquer au risque davoir une vie de merde. Voila qui est peu rassurant. Sous la pression, nombreux sont ceux qui du coup en pensant trop à faire le bon choix, font le mauvais. La peur d'un futur incertain en conduit beaucoup à chercher la securité par tous les moyens. Alors le plus vite possible on se marrie, le plus vite on cherche un emploi que l'on espere garder à vie, on s'installe dans une ville que l'on espère ne jamais quitter.
Me trouvant moi même précisément au moment clef en question, me voila confronter au choix. Que faire après ses études ? Faire de l'argent, devenir ci ou ca, certains ont déjà leur but et leur futur tout tracé dans leur tête. Pour ma part je n'en ai pas la moindre idée.
J'ai passé pas mal de nuit blanches passées à lire Nietzsche en écoutant Patrick Sébastien, réfléchis à ce que la vie nous a appris jusque là... Car qu'est ce que j'ai retenu pour le moment de mes expériences ? Que rien ne dure. Comment savoir si on sera toujours amoureux dans 20 ans, si on aimera toujours son travail dans 10 ans, si on aura envie du même cadre de vie dans 5 ans ? Aucun moyen, absolument aucun. "The sun don't shine forever" nous disait K-maro. On change et on évolue, nos envies changent et évoluent. Nous revoilà maintenant à ton propre constat cher Damien, et à la case départ par la même occasion.
Que faire alors ? S'enfermer dans le cynisme ? Ne s'engager dans rien de peur de commettre une erreur ? Pour ma part un début de solution se trouve dans le fait d'accepter d'avoir un futur incertain. De penser que quoi qu'on fasse, ça ne durera certainement pas forever, mais de le faire quand même pour en profiter tant que c'est là. Ainsi je ne crois plus aux plans de vie, aux plans sur la comète, aux pages pré-écrites qu'on regrettera de ne pas avoir bruler plus tôt. Je crois au petites étapes. Après tout, c'est comme cela que les choses se sont passées pour moi jusqu'à présent et ça n'a pas si mal marché. Se laisser des portes ouvertes, et faire ses choix sans suivre une stratégie sur 30 ans. Petites étapes par petites étapes, on évolue petit à petit sans regretter. Petites étapes par petites étapes, on arrive à un éventuel but dont on ignore encore l'existence. Parce qu'on connait pas le sens de sa vie à 20 ans et heureusement.
Alors non monsieur le recruteur, je ne sais pas comment je me vois dans 5 ans. Et je ne vois pas l'intérêt de l'imaginer. Je sais juste que les uns après les autres, mes choix m'auront conduit quelque part où je serais bien.
J'ai surement enfoncé des portes ouvertes pour pas mal d'entre nous (j'ignore pourquoi mais je vois déjà arriver Cécile avec ses gros sabots) mais elles n'étaient pas forcément ouvertes pour moi jusqu'à présent.
Ton bon Nicolas, qui n'aime toujours pas les blérots de ravel.