Thursday, June 12, 2008

Nicolas

Né en 1985 et canadien dans l'âme depuis ma rencontre avec Robert Charlebois en 1988, les méandres de la vie me poussèrent à quitter ma chère nation et mes idéaux patriotiques pour venir m'installer au pays de Terrence et Philippe.

N'ayant eu aucun scrupule à abandonner mon ami Damien aux mains des allemands, je tente jour après jour de me remettre de cette terrible rupture...

Mon histoire commence à Epagny, village ravagé par le trafic d'enfants noirs et par le nihilisme d'une jeunesse bourgeoise sans repères. Elevé dans une famille de droite populiste, je fus habillé des vêtements les plus ringards qui soient dès mon plus jeune âge, ma mère étant persuadée que personne ne s'attaquerait à un pauvre paria. Mes premiers pas au collège de Saint-Jorioz furent des plus délicats. Mal-aimé et chahuté par mes camarades, cible préférée des Jeunesses Communistes Collégiennes, j'eus beaucoup de difficulté à imposer mon style et mon way of thinking. Ce n'est qu'au Lycée Gabriel Fauré à Annecy que je pus remarquer un réel tournant dans ma vie de gamin des cités. Mes pairs prirent conscience de l'intensité de l'azur de mes yeux et les quolibets cessèrent du jour au lendemain. Une étoile était née.

Puis ce fut le choc, un ébranlement de mes principes et de ma conception du réel. Damien. Je le rencontrai pour la première fois aux cabinets du lycée, seul dans une froide pénombre, le pénis à l'air, en train de déverser son urine dans un urinoir graisseux aux couleurs de l'Enfer. Il se retourna, sans un mot, et s'arrêta devant moi, son regard plongé au plus profond du mien. Il dit : « il est bin cute c'garçon-là, là ! » Damien parlait québécois ! Tout de suite me vint en tête le visage de ces grands canadiens que j'idolâtrais depuis ma plus tendre enfance : Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Felix Leclerc, Steve Yzerman ! Une grande amitié était sur le point de voir le jour.

Notre relation passionnelle nous mena à Grenoble, ville du péché et de la noix. Là-bas, j'habitai une première année avec Marc, un fan de hentaï et de t-shirts McDo. L'entente fut parfaite et nous décidâmes d'adopter un ficus du nom de José qui mourut sur le coup lorsque Marc voulut faire la démonstration d'un drop kick frontal qu'il avait vu dans Matoko Watechiru Kamusen. Cet épisode douloureux mit un terme définitif à cette première expérience en colocation. Nous parvînmes tout de même à nous réconcilier et prîmes la décision d'habiter avec Damien et Floriane, une fille de la campagne. Entre viols consentis, documentaires sur le vin, poils pubiens féminins dans les toilettes et querelles de voisinage, ce ne fut pas une mince affaire mais je dois admettre que le bilan fut plutôt positif. Un seul regret peut-être : ne pas avoir réussi à serrer ma coloc malgré mes multiples essais. Je décidai alors de jeter mon dévolu sur Damien qui ne résista pas longtemps à mes avances. S'ensuivit une nuit d'amour torride, tous deux émergés dans le noir, nos corps s'appelant au rythme de nos désirs sensuels et des plaisirs charnels. Et, avant que la nuit s'achève, je déversai mon sp, ah ! plus de papier.

Cette même année, je me découvris une passion pour les pays pauvres et décidai d'émigrer en République Tchèque. Voir ces slaves s'envoyer des litres de gulasch et vous montrer des dents à croquer la fortune fut une expérience aussi déroutante que l'une de mes premières relations sexuelles avec une fille n'ayant jamais entendu parler de Rogé Cavaillès, l'ami des femmes. Mon séjour à Ostrava, dans l'est du pays, me permit aussi de tomber nez à nez avec une has-been de l'athlétisme : Marie-José Pérec. Malgré sa couleur de peau, en réelle contradiction avec les principes moraux que m'avaient inculqué mes parents, elle s'avéra être une personne au coeur d'or. Je ne parvins pas non plus à la serrer. Après 2000 pintes de Krasovice et maintes vaines tentatives de prononcer « Strc prst skrz krk », je quittai le pays (bourré) et m'en retournai en France une ultime fois avant de me lancer dans mon périple pour le Canada... Mais ceci est une autre histoire.

Ah j'oubliais, je m'appelle Nicolas Robin et comme le dirait une bonne amie, je suis ro bien !

1 comment:

Jérémie said...

Merci, tu m'a fait aimer la Poésie!:
"aux cabinets du lycée, seul dans une froide pénombre, le pénis à l'air, en train de déverser son urine dans un urinoir graisseux"

Jkiff celle la, magnifique comme ... je trouve rien d'assez drole sur le coup;dsl
"Voir ces slaves s'envoyer des litres de gulasch et vous montrer des dents à croquer la fortune fut une expérience aussi déroutante que l'une de mes premières relations sexuelles avec une fille n'ayant jamais entendu parler de Rogé Cavaillès, l'ami des femmes."

Vivement la suite!