Friday, June 27, 2008

Bonjour, c'est le ramoneur !

Cher Nicolas,

Demain c'est le Christopher Street Day à Berlin alias la Gay Pride.
Mais qu'est-ce qu'être gay de nos jours? A travers quelques photos, je vais tenter de "pénétrer" l'univers "profond" et mystérieux de l'homosexualité aujourd'hui.

Être gay en 2008, ce n'est pas toujours facile. L'exclusion existe encore et les pédérastes sont souvent relégués au second plan comme l'atteste cette photo :


Pour certains, assumer ses différences n'est pas chose aisée, mais quelques-uns s'en sortent plutôt bien :
On compte plusieurs facettes de l'homosexuel. Tout d'abord, la "tapette" aime être entouré(e) de filles. Celles-ci ont tendance à l'appeler "le bon copain pédé" :


Aux antipodes du pédé extravagant, on trouve le "refoulé", un mec sans allure préférant se plaquer les cheveux et mal s'habiller pour se fondre dans la masse. Ils n'ont généralement peu voire pas d'amis :


Le "pédéraste libertin" aime participer à des soirées "tout nu et tout bronzé" ou à des soirées "préhistoire" comme on peut le voir ici :


Lors de ces soirées, les participants s'adonnent souvent à un jeu consistant à s'introduire un appareil électro-ménager dans l'anus. Le gagnant peut repartir avec l'appareil en question :


Dans la Jet-Set, on revendique fièrement son homosexualité. Comme Julien Lepers par exemple :


Ou bien Johnny Halliday :


Ou encore Philippe de Villiers :


Bref, quelque soit le style, être gay aujourd'hui, c'est cool !



Je t'embrasse goulûment.

Ton bien-aimé Damien

Le choc des images

Cher Damien,

Certes les propos de ton amie etoilée aux couleurs de jasmin sont intolérables. Cependant comme chacun sait, on grandit de la critique. Je vais donc me lancer dans l'exercice en écrivant un article utilisant un vocabulaire restreint, des phrases à la construction simple, avec beaucoup de photos, et un sujet populaire qui intéresse tout le monde : l'immigration, le malheur et la misère.

Voici l'histoire triste de Damien l'albanais.

Damien est albanais.


A cause de la guerre Damien l'albanais quitte son pays. Il entre au camp de refugiés.


C'est l'hiver, le froid et la mort. Damien l'albanais se nourrit à la soupe populaire.


Un peu de reconfort dans la misère. Le secours catholique offre la bière pour noël à Damien l'albanais.


Damien l'albanais essaie de s'en sortir. Mais il tombe dans la prostitution.


Il tombe dans les gangs et la drogue.

Il tombe dans l'extrémisme religieux.


Damien l'albanais quelques minutes avant son attentat suicide.


J'espere que tu auras apprecié cette histoire.

Ton devoué Nicolas.

Wednesday, June 25, 2008

T'es moche et puis t'es con.

Cher Nicolas,

C'est sous le signe de la lourdeur que je vais écrire cet article. Les phrases seront pesantes, avec beaucoup trop d'adjectifs, beaucoup trop de noms, et parfois pas de verbes.

A la suite d'une critique infondée de la part de Cécile, une amie étoilée aux couleurs de jasmin, je me vis envoyé sur les tulipes dans la mesure où (cette expression est lourde). Amatrice de Coca depuis que son père est jardinier, Cécile prend un malin plaisir à offenser ses amis proches, qui jamais n'eûrent pris part à une quelconque intervention insultante à son égard, même. Pourtant. Cependant, j'aimerais exprimer ici mon aversion. Cécile, dont le QI n'excède pas 114 et dont la faculté à faire chier excède l'échelle de Richter est elle-même incapable d'être gentille, sympa, affectueuse et un autre adjectif. Cependant, néanmoins il semblerait qu'elle n'aime pas nos textes. Voilà, c'est dit. Si l'on relit un peu nos écrits colorés, il s'en dégage un parfum des plus joviaux. Et ce parce que c'est comme ça. Nous trouvons que nous écrivons bien parce que nous y déversons des morceaux entiers de notre coeur en charpie que la vie a maintes fois fait mal, à lui, à notre coeur en charpie. Je veux rappeler au monde que parfois la vie ne fait pas de cadeaux. Prenons exemple sur Cécile : Cécile boit du coca, fume des joints souvent et mange des pâtes au ketchup. On peut en déduire par A+B que Cécile mourra jeune. Et c'est Dieu qui le veut. Mais nous, on sera content un jour parce qu'il y aura plus personne pour faire chier et on pourra continuer à écrire des textes magistraux, tels que nous les aimons de cette manière, quelle qu'elle fût, quoique nous fussions.

Ce texte que je ne mis pas 10 minutes à écrire mais plutôt 11 est un « J'accuse », comme celui de Jean-Eric Durand dans le cahier des toilettes de sa colocation à Rennes, parce que sa coloc s'était épilée le vagin après une longue saison d'hiver plutôt pubère et n'avait pas passé le balai parce qu'elle ne l'avait pas trouvé.

Alors oui, j'accuse. Et vive les gros lourds !

Ton respecté Damien.

Tuesday, June 17, 2008

L'heure du thé

Cher Damien,

Nous n'avons pas de tels problèmes au pays de la police montée car ironiquement les finales de hockey, le sport national se retrouvent jouées en terres amerloques. Ici les immigrés sont tous docteurs en génie pétrochimique anyway et comme le dit si bien notre ami Nicolas S., un immigré diplômé sait être sage et n'égorge pas de mouton dans sa baignoire.

Mais nous voila immigrants à notre tour cher Damien. Après avoir loué la politique courageuse et éclairée de Philippe DeV. , ce sont nous maintenant les déracinés, les déshérités, les déchirés, les meurtris, les torturés, les fils de pute, les martyrs, les crucifiés dont nous parle souvent Olivier B. emporté d'une emphatique émotion.
Déracinés mais surtout perdus. Perdus certes entre curry wurst, poutine et panini au reblochon, mais aussi entre vie étudiante et vie active, entre extrème gauche et centre gauche, entre vie modeste et vie médiocre. Les racines y changent-elles alors grand chose ?.. Accompagnée d'une tasse de rooibos posée sur le coin de la table, la voix puissante et articulée du grand Jacques me rappelle justement que le monde sommeille par manque d'imprudence.

Nous avons autrefois chanté les mêmes vins, les mêmes filles. Je bois désormais du vin californien et tu te tapes des bavaroises obèses. Une seule constante, ça sent toujours la bière de Londres à Berlin. Mais après l'Euro, à quand la coupe du Monde ?

Ton très bon ami Nicolas

Monday, June 16, 2008

On parle de luv

Cher Nicolas,

On pourra dire tout ce qu'on veut, que notre époque s'enlise dans ses propres excréments, que l'homme ne trouve son salut que dans le fanascisme et que l'amour agonise sous les décombres de nos espérances, mais les frères existent encore. On parle de respect Nico.

Dans certains restos y a des mecs à qui tu donnes une piecette pour qu'ils puissent s'en jeter un petit après le service, histoire qu'ils se rappellent qu'au-delà d'une vie professionnelle interminable, il y a un monde fait d'alcool et de femmes. Sauf que, visiblement, les coutumes résistent encore au projet d'une grande Europe unie. Et de nos jours, il est de bon ton de rappeler au touriste inconscient que ses foutues coutumes font pas bon ménage avec la mentalité d'ici. Alors plutôt que d'expliquer calmement à un gros con de français qu'il peut se foutre son pourboire au cul, il sera plus apprécié de secouer la tête d'un air dédaigneux.

The sun don't shine forever. Et pourtant, malgré nos désillusions, il brille plus que tout aujourd'hui, et ce, grâce à l'effervescence que provoque l'Euro 2008 dans la capitale allemande. Allemands, Français, Croates, Turcs, Boliviens et autres nationalités insignifiantes erructent de plaisir et de fraternité autour de cette belle compétition pacifiste. En revanche, il est bon de savoir que la Turquie, en cas de victoire, a un fort penchant pour le klaxon. Et là, le respect et SOS Racisme, on en a plus rien à branler quand on a envie de dormir.

Je t'embrasse de vive voix.


Ton bon ami Damien

Thursday, June 12, 2008

Damien

Salut, moi c'est Damien. Ça vous dérange la fumée de cigarette au fait ? Tant mieux. Ça me rappelle quand j'étais étudiant à Grenoble tiens. Je vivais dans un appart avec des amis. Y'avait ce mec, Nico. Et donc c'était genre "faut pas fumer a l'intérieur" vous voyez le tableau.

J'étudie la langue allemande ouais. Au lycée je m’étais lance dans les sciences mais j'ai vite abandonne. Ça me convenait pas trop faut croire. J'suis passe en littéraire y'avait plus de p’tits culs. Des culs de fille je parle, hein ? Faut pas confondre. Et puis littéraire barbu ça fait mieux que matheux boutonneux j'trouvais. Mais c'est pas aussi facile qu'on croit vous savez. Quand vous êtes la seule paire de couilles dans un groupe de gonzesses vous êtes la folle de service ou le bon copain. Ces choses la ont pas trop change avec le temps. Oh j'suis loin d'être puceau pour autant, j'ai pété plus d'une paire de fesses.

C'était pas gagne d'avance pourtant. Je suis pas du genre à me vanter mais quand on en a trop dans le slip, on a du mal à trouver un casque à sa taille. Pour éviter de foutre enceinte la moitie du quartier j'ai du changer pour des pratiques un peu plus déviantes. Mais au bout d'un moment on se lasse d'avoir une vie sexuelle extravagante. Ça m'rappelle, j'avais écrit un air à l'époque. Ça s'appelait "léchage de chattes sans lendemain". J'aime bien le concept.

Oui je compose. Comme j'avais pas un physique évident, je m'suis dit qu'il fallait que j'me rende intéressant. Si je m'y connaissais en musique ça pouvais aider. C'est pour ça que je m'suis lance a écouter des trucs intello. J'ai pas choisi le meilleur genre vous savez. Je m'suis rendu compte trop tard qu'il aurait fallu que j'm'oriente dans la chanson française protestataire, c'est plus facile d'accès pour les p'tites rebelles pseudo-anarchistes. Du coup quand je compose j'essaie de faire des trucs larmoyants et niais pour me donner un air un peu romantique, vous voyez le genre. Mais ça attire surtout mes pédales de potes. En parlant de pédales j'avais fait un groupe à l'époque avec Nico et une amie prostituée. We Were Highways ça s'appelait. On a eu un problème de droits d'auteurs avec Orson Welles et l'affaire a mal tourne. Les autres n'avaient pas de talents de toute façon. Là j'essaie de changer, je m'converti dans le hip hop US homophobe. Si ça peut aider...

Ça vous dérange si j'me sers un Visky ? Pour revenir aux pétasses anarchistes, un jour j'ai réalisé que c'était quand même les plus faciles à avoir. Je m'etait déjà planté pour la musique, mais j'suis devenu gaucho pour rectifier le tir. Ça ma permis d'en aligner quelques unes sur mon chêne. Oh vous savez je dis ça mais j'ai des idées a moi. La lutte des classes et tout ça. Pourtant je suis pas aide par mon entourage, j'ai un ami centriste. Mais mon amie prostituée est anarcho-trotskiste, ça aide. J'ai aussi quelques amis qui sont allé chercher la vérité je sais pas où et qui pensent être revenus avec.

On dit souvent que j'suis un marrant. Ouais c'est moi ça. J'suis un drôle. Un clown.
Ouais c'est la que j'ai commencé à me soûler avec du mauvais vin. Je doutais de mes orientations sexuelles, m'imaginais des carrières de traducteur de Tchèque en Chine, couchais avec mes amies, mettais de la mayo au curry dans ma salade.

Et puis la drogue m'a beaucoup aidé. La drogue et les prostituées au Vietnam. C'est en étant en elles que j'me suis rendu compte qu'en fait j'étais un tendre. Idéaliste et sensible. Je remercierai jamais assez ces femmes.

Vous savez j'ai passé mon enfance dans un village raciste et réac' et je vis maintenant dans le quartier gay de Berlin. Entre les deux il s'est passé beaucoup de choses, pas mal d'errements. En fait j'ai jamais su ce que je voulais dans la vie et je l'sais toujours pas.

Quand je m'suis retrouvé heureux entouré de mes amis je m'suis dit que quelque chose clochait.
Alors je suis parti.

Nicolas

Né en 1985 et canadien dans l'âme depuis ma rencontre avec Robert Charlebois en 1988, les méandres de la vie me poussèrent à quitter ma chère nation et mes idéaux patriotiques pour venir m'installer au pays de Terrence et Philippe.

N'ayant eu aucun scrupule à abandonner mon ami Damien aux mains des allemands, je tente jour après jour de me remettre de cette terrible rupture...

Mon histoire commence à Epagny, village ravagé par le trafic d'enfants noirs et par le nihilisme d'une jeunesse bourgeoise sans repères. Elevé dans une famille de droite populiste, je fus habillé des vêtements les plus ringards qui soient dès mon plus jeune âge, ma mère étant persuadée que personne ne s'attaquerait à un pauvre paria. Mes premiers pas au collège de Saint-Jorioz furent des plus délicats. Mal-aimé et chahuté par mes camarades, cible préférée des Jeunesses Communistes Collégiennes, j'eus beaucoup de difficulté à imposer mon style et mon way of thinking. Ce n'est qu'au Lycée Gabriel Fauré à Annecy que je pus remarquer un réel tournant dans ma vie de gamin des cités. Mes pairs prirent conscience de l'intensité de l'azur de mes yeux et les quolibets cessèrent du jour au lendemain. Une étoile était née.

Puis ce fut le choc, un ébranlement de mes principes et de ma conception du réel. Damien. Je le rencontrai pour la première fois aux cabinets du lycée, seul dans une froide pénombre, le pénis à l'air, en train de déverser son urine dans un urinoir graisseux aux couleurs de l'Enfer. Il se retourna, sans un mot, et s'arrêta devant moi, son regard plongé au plus profond du mien. Il dit : « il est bin cute c'garçon-là, là ! » Damien parlait québécois ! Tout de suite me vint en tête le visage de ces grands canadiens que j'idolâtrais depuis ma plus tendre enfance : Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Felix Leclerc, Steve Yzerman ! Une grande amitié était sur le point de voir le jour.

Notre relation passionnelle nous mena à Grenoble, ville du péché et de la noix. Là-bas, j'habitai une première année avec Marc, un fan de hentaï et de t-shirts McDo. L'entente fut parfaite et nous décidâmes d'adopter un ficus du nom de José qui mourut sur le coup lorsque Marc voulut faire la démonstration d'un drop kick frontal qu'il avait vu dans Matoko Watechiru Kamusen. Cet épisode douloureux mit un terme définitif à cette première expérience en colocation. Nous parvînmes tout de même à nous réconcilier et prîmes la décision d'habiter avec Damien et Floriane, une fille de la campagne. Entre viols consentis, documentaires sur le vin, poils pubiens féminins dans les toilettes et querelles de voisinage, ce ne fut pas une mince affaire mais je dois admettre que le bilan fut plutôt positif. Un seul regret peut-être : ne pas avoir réussi à serrer ma coloc malgré mes multiples essais. Je décidai alors de jeter mon dévolu sur Damien qui ne résista pas longtemps à mes avances. S'ensuivit une nuit d'amour torride, tous deux émergés dans le noir, nos corps s'appelant au rythme de nos désirs sensuels et des plaisirs charnels. Et, avant que la nuit s'achève, je déversai mon sp, ah ! plus de papier.

Cette même année, je me découvris une passion pour les pays pauvres et décidai d'émigrer en République Tchèque. Voir ces slaves s'envoyer des litres de gulasch et vous montrer des dents à croquer la fortune fut une expérience aussi déroutante que l'une de mes premières relations sexuelles avec une fille n'ayant jamais entendu parler de Rogé Cavaillès, l'ami des femmes. Mon séjour à Ostrava, dans l'est du pays, me permit aussi de tomber nez à nez avec une has-been de l'athlétisme : Marie-José Pérec. Malgré sa couleur de peau, en réelle contradiction avec les principes moraux que m'avaient inculqué mes parents, elle s'avéra être une personne au coeur d'or. Je ne parvins pas non plus à la serrer. Après 2000 pintes de Krasovice et maintes vaines tentatives de prononcer « Strc prst skrz krk », je quittai le pays (bourré) et m'en retournai en France une ultime fois avant de me lancer dans mon périple pour le Canada... Mais ceci est une autre histoire.

Ah j'oubliais, je m'appelle Nicolas Robin et comme le dirait une bonne amie, je suis ro bien !