Friday, October 3, 2008
Sunday, July 27, 2008
A New Career In A New Town
Certes nous changeons. Et souvent pour le mieux. Le Nico coincé d'autrefois, celui qui devenait de la couleur de son slip quand il était approché par le sexe opposé, n'était pas un compagnon de vie très confortable. Cependant j'aime à penser que le Nico naïf, celui qui partait en transe à l'écoute de "I will" après que ses amis aient abusé de sa confiance, ce Nico là n'est jamais très loin.
Mais n'oublions pas que nous sommes, en grande partie au moins, les orchestres de ces changement. Ainsi on ne devient pas fan des Blérots de ravel par hasard. Il est de bon ton d'en vouloir a la société, au nazisme ou au nabot mais au final nous somme tous les deux dans un environnement qui nous autorise le choix.
Mais que faire de ce choix ? Car nous voila arrivé également à la fin de nos études, ce qui semble être une pierre angulaire de nos vie. LE carrefour, THE étape, LE choix à ne pas manquer au risque davoir une vie de merde. Voila qui est peu rassurant. Sous la pression, nombreux sont ceux qui du coup en pensant trop à faire le bon choix, font le mauvais. La peur d'un futur incertain en conduit beaucoup à chercher la securité par tous les moyens. Alors le plus vite possible on se marrie, le plus vite on cherche un emploi que l'on espere garder à vie, on s'installe dans une ville que l'on espère ne jamais quitter.
Me trouvant moi même précisément au moment clef en question, me voila confronter au choix. Que faire après ses études ? Faire de l'argent, devenir ci ou ca, certains ont déjà leur but et leur futur tout tracé dans leur tête. Pour ma part je n'en ai pas la moindre idée.
J'ai passé pas mal de nuit blanches passées à lire Nietzsche en écoutant Patrick Sébastien, réfléchis à ce que la vie nous a appris jusque là... Car qu'est ce que j'ai retenu pour le moment de mes expériences ? Que rien ne dure. Comment savoir si on sera toujours amoureux dans 20 ans, si on aimera toujours son travail dans 10 ans, si on aura envie du même cadre de vie dans 5 ans ? Aucun moyen, absolument aucun. "The sun don't shine forever" nous disait K-maro. On change et on évolue, nos envies changent et évoluent. Nous revoilà maintenant à ton propre constat cher Damien, et à la case départ par la même occasion.
Que faire alors ? S'enfermer dans le cynisme ? Ne s'engager dans rien de peur de commettre une erreur ? Pour ma part un début de solution se trouve dans le fait d'accepter d'avoir un futur incertain. De penser que quoi qu'on fasse, ça ne durera certainement pas forever, mais de le faire quand même pour en profiter tant que c'est là. Ainsi je ne crois plus aux plans de vie, aux plans sur la comète, aux pages pré-écrites qu'on regrettera de ne pas avoir bruler plus tôt. Je crois au petites étapes. Après tout, c'est comme cela que les choses se sont passées pour moi jusqu'à présent et ça n'a pas si mal marché. Se laisser des portes ouvertes, et faire ses choix sans suivre une stratégie sur 30 ans. Petites étapes par petites étapes, on évolue petit à petit sans regretter. Petites étapes par petites étapes, on arrive à un éventuel but dont on ignore encore l'existence. Parce qu'on connait pas le sens de sa vie à 20 ans et heureusement.
Alors non monsieur le recruteur, je ne sais pas comment je me vois dans 5 ans. Et je ne vois pas l'intérêt de l'imaginer. Je sais juste que les uns après les autres, mes choix m'auront conduit quelque part où je serais bien.
J'ai surement enfoncé des portes ouvertes pour pas mal d'entre nous (j'ignore pourquoi mais je vois déjà arriver Cécile avec ses gros sabots) mais elles n'étaient pas forcément ouvertes pour moi jusqu'à présent.
Ton bon Nicolas, qui n'aime toujours pas les blérots de ravel.
Friday, July 25, 2008
L'invitation au voyage
Cher Nicolas,
Crois-tu que l'on puisse changer?
Qu'est-il advenu de ces deux innocents, fans de jeux vidéos et de cinéma commercial à la Michael Bay, timides jusqu'à l'os et trop sensibles pour ce monde? Entends-tu toujours Amélie plonger sa main au fond d'un sac de grain? Frissonnes-tu toujours au son de I Will de Radiohead, les yeux fermés, l'oreille contre l'enceinte, insensible au temps qui passe? Rougirais-tu encore si une jolie camarade de classe posait délicatement sa tête sur ton épaule? Sortiras-tu un jour en cachette pour rejoindre un premier amour, pour donner vie à tes premiers émois? Me souviendrai-je de ce jour pluvieux, une semaine avant de retrouver ma chambre d'enfant, où rien n'est plus comme avant?
Eh bien, oui, le monde change. Ce n'est pas Barack Obama qui dira le contraire ! En visite à Berlin, le sauveur de l'humanité nous a gratifié d'un splendide discours à l'américaine, reprenant le cliché éculé du mur qui sépare les hommes, les races et les écureuils. Le monde va changer, je te dis. Il sera plus beau, plus juste. La Corée du Nord ouvrira ses frontières au tourisme, les zimbabwéens construieront une skyline à Harare, Philippe de Villiers deviendra Maître Suprème de la Vendée, les singes sauront se faire cuire des steaks, Marc deviendra fan de ski de randonnée et Cécile sera embauchée comme caissière à Champion !
Et puis il y aura ce type, Damien, qui lors de la fête nationale sur la Pariser Platz à Berlin, le treizième de juillet de deux mille huit, se surprendra à apprécier une musique qui l'a longtemps horripilé : la néo-variétoche française. Oui, j'ai bien aimé Les Blérots de Ravel. Oui j'ai eu envie d'un petit vin blanc et d'un morceau de saucisson, et oui j'ai eu envie de porter un chapeau, de faire des pets qui résonnent et de marcher pieds nus comme un clodo. Mais comme ne l'a jamais dit Fernandel, “qui ne saute pas n'est pas français, hey”.
Alors voilà, le changement ne nous épargne pas. Comme l'a dit un jour un bon ami ayant un fort penchant pour l'absinthe, allons "au fond de l'inconnu pour trouver du NOUVEAU !”
Ton bon copain mélancolique
Friday, July 11, 2008
Imagine all the people
Après avoir utilisé les ficelles du journalisme facile et exploité les peurs de nos concitoyens, je te propose avec cet article de revenir et aux sujets passionants qui n'interessent que nous et à la phrase bien pensée.
Comme tu l'as remarqué, je n'ai que pauvrement participé à nos échanges épistolaires depuis quelques jours. Et pour cause, mon philanthropisme m'a poussé à me mettre au service de la communauté (quel mec bien) et à offrir mes services dans un festival de musique à Ottawa.
J'ai ainsi fait la rencontre des sympathiques Elektra Sky et Star Light, deux drag queens du festival. Des drag queens dans un festoche ? "What the fuck" t'entends-je t'exclamer ! Eh oui mon ami mais dans la capitale du Canada, on s'efforce de représenter tout le monde comme on peut le lire dans les yeux d'Elektra alors qu'elle souffle la fumée de sa cigarette avec désinvolture. Oui, Elektra a des yeux très expressifs.
En effet en se hasardant un peu on assiste à de curieuses scènes... Un emo kid qui observe un bluesman crispé sur son sax à travers ses meches rebelles, de vieux conservateurs assis sur leur chaises pliantes entonnant "Fuck the police" en chœur avec Snoop Dog... En quelques enjambées on passe du metal à la musique africaine en passant par le rock hippie et le jazz. Belle méthaphore de la tolérance et de la culture de la différence pronées par les authorités.
Je me prends alors à rêvasser un peu. Et voici qu'on affiche un drapeau 'peace and love' sur la scène. Deux doigts en forme de "V" se lèvent. Puis d'autres. Et c'est vite tout le public.
Mais surprise ! A 23h, tout ce petit monde s'arrête pour aller au dodo. Retour à la réalité, nous sommes ici à Ottawa, tranquille ville de fonctionnaires trop contents d'avoir leur boulot à vie. Et avec la loi sur le bruit nocturne, les moutons se couchent à l'heure des poules. Alors on plie les symboles de paix bien sagement, les gens etaient juste venus voir un show, le reste fait parti du folklore et puis c'est tout. J'imagine qu'on est tous plus ou moins comme ca.
Il me vient a l'esprit une phrase lue il n'y a pas si longtemps : "For twenty years, I thought the Beatles song, Revolution, was pro-revolution". Moi aussi, je croyais.
Heureusement Elektra Sky sera toujours la pour nous chanter du Cher.
Ton bon ami naïf
Friday, June 27, 2008
Bonjour, c'est le ramoneur !
Demain c'est le Christopher Street Day à Berlin alias la Gay Pride.
Mais qu'est-ce qu'être gay de nos jours? A travers quelques photos, je vais tenter de "pénétrer" l'univers "profond" et mystérieux de l'homosexualité aujourd'hui.
Être gay en 2008, ce n'est pas toujours facile. L'exclusion existe encore et les pédérastes sont souvent relégués au second plan comme l'atteste cette photo :

Pour certains, assumer ses différences n'est pas chose aisée, mais quelques-uns s'en sortent plutôt bien :
On compte plusieurs facettes de l'homosexuel. Tout d'abord, la "tapette" aime être entouré(e) de filles. Celles-ci ont tendance à l'appeler "le bon copain pédé" :
Aux antipodes du pédé extravagant, on trouve le "refoulé", un mec sans allure préférant se plaquer les cheveux et mal s'habiller pour se fondre dans la masse. Ils n'ont généralement peu voire pas d'amis :

Le "pédéraste libertin" aime participer à des soirées "tout nu et tout bronzé" ou à des soirées "préhistoire" comme on peut le voir ici :

Lors de ces soirées, les participants s'adonnent souvent à un jeu consistant à s'introduire un appareil électro-ménager dans l'anus. Le gagnant peut repartir avec l'appareil en question :

Dans la Jet-Set, on revendique fièrement son homosexualité. Comme Julien Lepers par exemple :

Ou bien Johnny Halliday :

Ou encore Philippe de Villiers :

Bref, quelque soit le style, être gay aujourd'hui, c'est cool !

Je t'embrasse goulûment.
Ton bien-aimé Damien
Le choc des images
Certes les propos de ton amie etoilée aux couleurs de jasmin sont intolérables. Cependant comme chacun sait, on grandit de la critique. Je vais donc me lancer dans l'exercice en écrivant un article utilisant un vocabulaire restreint, des phrases à la construction simple, avec beaucoup de photos, et un sujet populaire qui intéresse tout le monde : l'immigration, le malheur et la misère.
Voici l'histoire triste de Damien l'albanais.
Damien est albanais.

A cause de la guerre Damien l'albanais quitte son pays. Il entre au camp de refugiés.

C'est l'hiver, le froid et la mort. Damien l'albanais se nourrit à la soupe populaire.

Un peu de reconfort dans la misère. Le secours catholique offre la bière pour noël à Damien l'albanais.

Damien l'albanais essaie de s'en sortir. Mais il tombe dans la prostitution.

Il tombe dans les gangs et la drogue.

Damien l'albanais quelques minutes avant son attentat suicide.

J'espere que tu auras apprecié cette histoire.
Ton devoué Nicolas.
Wednesday, June 25, 2008
T'es moche et puis t'es con.
Cher Nicolas,
C'est sous le signe de la lourdeur que je vais écrire cet article. Les phrases seront pesantes, avec beaucoup trop d'adjectifs, beaucoup trop de noms, et parfois pas de verbes.
A la suite d'une critique infondée de la part de Cécile, une amie étoilée aux couleurs de jasmin, je me vis envoyé sur les tulipes dans la mesure où (cette expression est lourde). Amatrice de Coca depuis que son père est jardinier, Cécile prend un malin plaisir à offenser ses amis proches, qui jamais n'eûrent pris part à une quelconque intervention insultante à son égard, même. Pourtant. Cependant, j'aimerais exprimer ici mon aversion. Cécile, dont le QI n'excède pas 114 et dont la faculté à faire chier excède l'échelle de Richter est elle-même incapable d'être gentille, sympa, affectueuse et un autre adjectif. Cependant, néanmoins il semblerait qu'elle n'aime pas nos textes. Voilà, c'est dit. Si l'on relit un peu nos écrits colorés, il s'en dégage un parfum des plus joviaux. Et ce parce que c'est comme ça. Nous trouvons que nous écrivons bien parce que nous y déversons des morceaux entiers de notre coeur en charpie que la vie a maintes fois fait mal, à lui, à notre coeur en charpie. Je veux rappeler au monde que parfois la vie ne fait pas de cadeaux. Prenons exemple sur Cécile : Cécile boit du coca, fume des joints souvent et mange des pâtes au ketchup. On peut en déduire par A+B que Cécile mourra jeune. Et c'est Dieu qui le veut. Mais nous, on sera content un jour parce qu'il y aura plus personne pour faire chier et on pourra continuer à écrire des textes magistraux, tels que nous les aimons de cette manière, quelle qu'elle fût, quoique nous fussions.
Ce texte que je ne mis pas 10 minutes à écrire mais plutôt 11 est un « J'accuse », comme celui de Jean-Eric Durand dans le cahier des toilettes de sa colocation à Rennes, parce que sa coloc s'était épilée le vagin après une longue saison d'hiver plutôt pubère et n'avait pas passé le balai parce qu'elle ne l'avait pas trouvé.
Alors oui, j'accuse. Et vive les gros lourds !
Ton respecté Damien.
Tuesday, June 17, 2008
L'heure du thé
Nous n'avons pas de tels problèmes au pays de la police montée car ironiquement les finales de hockey, le sport national se retrouvent jouées en terres amerloques. Ici les immigrés sont tous docteurs en génie pétrochimique anyway et comme le dit si bien notre ami Nicolas S., un immigré diplômé sait être sage et n'égorge pas de mouton dans sa baignoire.
Mais nous voila immigrants à notre tour cher Damien. Après avoir loué la politique courageuse et éclairée de Philippe DeV. , ce sont nous maintenant les déracinés, les déshérités, les déchirés, les meurtris, les torturés, les fils de pute, les martyrs, les crucifiés dont nous parle souvent Olivier B. emporté d'une emphatique émotion.
Déracinés mais surtout perdus. Perdus certes entre curry wurst, poutine et panini au reblochon, mais aussi entre vie étudiante et vie active, entre extrème gauche et centre gauche, entre vie modeste et vie médiocre. Les racines y changent-elles alors grand chose ?.. Accompagnée d'une tasse de rooibos posée sur le coin de la table, la voix puissante et articulée du grand Jacques me rappelle justement que le monde sommeille par manque d'imprudence.
Nous avons autrefois chanté les mêmes vins, les mêmes filles. Je bois désormais du vin californien et tu te tapes des bavaroises obèses. Une seule constante, ça sent toujours la bière de Londres à Berlin. Mais après l'Euro, à quand la coupe du Monde ?
Ton très bon ami Nicolas
Monday, June 16, 2008
On parle de luv
Cher Nicolas,
On pourra dire tout ce qu'on veut, que notre époque s'enlise dans ses propres excréments, que l'homme ne trouve son salut que dans le fanascisme et que l'amour agonise sous les décombres de nos espérances, mais les frères existent encore. On parle de respect Nico.
Dans certains restos y a des mecs à qui tu donnes une piecette pour qu'ils puissent s'en jeter un petit après le service, histoire qu'ils se rappellent qu'au-delà d'une vie professionnelle interminable, il y a un monde fait d'alcool et de femmes. Sauf que, visiblement, les coutumes résistent encore au projet d'une grande Europe unie. Et de nos jours, il est de bon ton de rappeler au touriste inconscient que ses foutues coutumes font pas bon ménage avec la mentalité d'ici. Alors plutôt que d'expliquer calmement à un gros con de français qu'il peut se foutre son pourboire au cul, il sera plus apprécié de secouer la tête d'un air dédaigneux.
The sun don't shine forever. Et pourtant, malgré nos désillusions, il brille plus que tout aujourd'hui, et ce, grâce à l'effervescence que provoque l'Euro 2008 dans la capitale allemande. Allemands, Français, Croates, Turcs, Boliviens et autres nationalités insignifiantes erructent de plaisir et de fraternité autour de cette belle compétition pacifiste. En revanche, il est bon de savoir que la Turquie, en cas de victoire, a un fort penchant pour le klaxon. Et là, le respect et SOS Racisme, on en a plus rien à branler quand on a envie de dormir.
Je t'embrasse de vive voix.
Ton bon ami Damien
Thursday, June 12, 2008
Damien
J'étudie la langue allemande ouais. Au lycée je m’étais lance dans les sciences mais j'ai vite abandonne. Ça me convenait pas trop faut croire. J'suis passe en littéraire y'avait plus de p’tits culs. Des culs de fille je parle, hein ? Faut pas confondre. Et puis littéraire barbu ça fait mieux que matheux boutonneux j'trouvais. Mais c'est pas aussi facile qu'on croit vous savez. Quand vous êtes la seule paire de couilles dans un groupe de gonzesses vous êtes la folle de service ou le bon copain. Ces choses la ont pas trop change avec le temps. Oh j'suis loin d'être puceau pour autant, j'ai pété plus d'une paire de fesses.
C'était pas gagne d'avance pourtant. Je suis pas du genre à me vanter mais quand on en a trop dans le slip, on a du mal à trouver un casque à sa taille. Pour éviter de foutre enceinte la moitie du quartier j'ai du changer pour des pratiques un peu plus déviantes. Mais au bout d'un moment on se lasse d'avoir une vie sexuelle extravagante. Ça m'rappelle, j'avais écrit un air à l'époque. Ça s'appelait "léchage de chattes sans lendemain". J'aime bien le concept.
Oui je compose. Comme j'avais pas un physique évident, je m'suis dit qu'il fallait que j'me rende intéressant. Si je m'y connaissais en musique ça pouvais aider. C'est pour ça que je m'suis lance a écouter des trucs intello. J'ai pas choisi le meilleur genre vous savez. Je m'suis rendu compte trop tard qu'il aurait fallu que j'm'oriente dans la chanson française protestataire, c'est plus facile d'accès pour les p'tites rebelles pseudo-anarchistes. Du coup quand je compose j'essaie de faire des trucs larmoyants et niais pour me donner un air un peu romantique, vous voyez le genre. Mais ça attire surtout mes pédales de potes. En parlant de pédales j'avais fait un groupe à l'époque avec Nico et une amie prostituée. We Were Highways ça s'appelait. On a eu un problème de droits d'auteurs avec Orson Welles et l'affaire a mal tourne. Les autres n'avaient pas de talents de toute façon. Là j'essaie de changer, je m'converti dans le hip hop US homophobe. Si ça peut aider...
Ça vous dérange si j'me sers un Visky ? Pour revenir aux pétasses anarchistes, un jour j'ai réalisé que c'était quand même les plus faciles à avoir. Je m'etait déjà planté pour la musique, mais j'suis devenu gaucho pour rectifier le tir. Ça ma permis d'en aligner quelques unes sur mon chêne. Oh vous savez je dis ça mais j'ai des idées a moi. La lutte des classes et tout ça. Pourtant je suis pas aide par mon entourage, j'ai un ami centriste. Mais mon amie prostituée est anarcho-trotskiste, ça aide. J'ai aussi quelques amis qui sont allé chercher la vérité je sais pas où et qui pensent être revenus avec.
On dit souvent que j'suis un marrant. Ouais c'est moi ça. J'suis un drôle. Un clown.
Ouais c'est la que j'ai commencé à me soûler avec du mauvais vin. Je doutais de mes orientations sexuelles, m'imaginais des carrières de traducteur de Tchèque en Chine, couchais avec mes amies, mettais de la mayo au curry dans ma salade.
Et puis la drogue m'a beaucoup aidé. La drogue et les prostituées au Vietnam. C'est en étant en elles que j'me suis rendu compte qu'en fait j'étais un tendre. Idéaliste et sensible. Je remercierai jamais assez ces femmes.
Vous savez j'ai passé mon enfance dans un village raciste et réac' et je vis maintenant dans le quartier gay de Berlin. Entre les deux il s'est passé beaucoup de choses, pas mal d'errements. En fait j'ai jamais su ce que je voulais dans la vie et je l'sais toujours pas.
Quand je m'suis retrouvé heureux entouré de mes amis je m'suis dit que quelque chose clochait.
Alors je suis parti.
Nicolas
Né en 1985 et canadien dans l'âme depuis ma rencontre avec Robert Charlebois en 1988, les méandres de la vie me poussèrent à quitter ma chère nation et mes idéaux patriotiques pour venir m'installer au pays de Terrence et Philippe.
N'ayant eu aucun scrupule à abandonner mon ami Damien aux mains des allemands, je tente jour après jour de me remettre de cette terrible rupture...
Mon histoire commence à Epagny, village ravagé par le trafic d'enfants noirs et par le nihilisme d'une jeunesse bourgeoise sans repères. Elevé dans une famille de droite populiste, je fus habillé des vêtements les plus ringards qui soient dès mon plus jeune âge, ma mère étant persuadée que personne ne s'attaquerait à un pauvre paria. Mes premiers pas au collège de Saint-Jorioz furent des plus délicats. Mal-aimé et chahuté par mes camarades, cible préférée des Jeunesses Communistes Collégiennes, j'eus beaucoup de difficulté à imposer mon style et mon way of thinking. Ce n'est qu'au Lycée Gabriel Fauré à Annecy que je pus remarquer un réel tournant dans ma vie de gamin des cités. Mes pairs prirent conscience de l'intensité de l'azur de mes yeux et les quolibets cessèrent du jour au lendemain. Une étoile était née.
Puis ce fut le choc, un ébranlement de mes principes et de ma conception du réel. Damien. Je le rencontrai pour la première fois aux cabinets du lycée, seul dans une froide pénombre, le pénis à l'air, en train de déverser son urine dans un urinoir graisseux aux couleurs de l'Enfer. Il se retourna, sans un mot, et s'arrêta devant moi, son regard plongé au plus profond du mien. Il dit : « il est bin cute c'garçon-là, là ! » Damien parlait québécois ! Tout de suite me vint en tête le visage de ces grands canadiens que j'idolâtrais depuis ma plus tendre enfance : Robert Charlebois, Gilles Vigneault, Felix Leclerc, Steve Yzerman ! Une grande amitié était sur le point de voir le jour.
Notre relation passionnelle nous mena à Grenoble, ville du péché et de la noix. Là-bas, j'habitai une première année avec Marc, un fan de hentaï et de t-shirts McDo. L'entente fut parfaite et nous décidâmes d'adopter un ficus du nom de José qui mourut sur le coup lorsque Marc voulut faire la démonstration d'un drop kick frontal qu'il avait vu dans Matoko Watechiru Kamusen. Cet épisode douloureux mit un terme définitif à cette première expérience en colocation. Nous parvînmes tout de même à nous réconcilier et prîmes la décision d'habiter avec Damien et Floriane, une fille de la campagne. Entre viols consentis, documentaires sur le vin, poils pubiens féminins dans les toilettes et querelles de voisinage, ce ne fut pas une mince affaire mais je dois admettre que le bilan fut plutôt positif. Un seul regret peut-être : ne pas avoir réussi à serrer ma coloc malgré mes multiples essais. Je décidai alors de jeter mon dévolu sur Damien qui ne résista pas longtemps à mes avances. S'ensuivit une nuit d'amour torride, tous deux émergés dans le noir, nos corps s'appelant au rythme de nos désirs sensuels et des plaisirs charnels. Et, avant que la nuit s'achève, je déversai mon sp, ah ! plus de papier.
Cette même année, je me découvris une passion pour les pays pauvres et décidai d'émigrer en République Tchèque. Voir ces slaves s'envoyer des litres de gulasch et vous montrer des dents à croquer la fortune fut une expérience aussi déroutante que l'une de mes premières relations sexuelles avec une fille n'ayant jamais entendu parler de Rogé Cavaillès, l'ami des femmes. Mon séjour à Ostrava, dans l'est du pays, me permit aussi de tomber nez à nez avec une has-been de l'athlétisme : Marie-José Pérec. Malgré sa couleur de peau, en réelle contradiction avec les principes moraux que m'avaient inculqué mes parents, elle s'avéra être une personne au coeur d'or. Je ne parvins pas non plus à la serrer. Après 2000 pintes de Krasovice et maintes vaines tentatives de prononcer « Strc prst skrz krk », je quittai le pays (bourré) et m'en retournai en France une ultime fois avant de me lancer dans mon périple pour le Canada... Mais ceci est une autre histoire.
Ah j'oubliais, je m'appelle Nicolas Robin et comme le dirait une bonne amie, je suis ro bien !